Gestion des sites potentiellement pollués par des substances radioactives : guide méthodologique 19 décembre 2011
Conseil Municipal du lundi 12 décembre 2012 (4) : articles NR mardi 13 et mercredi 14 16 décembre 2011
Conseil Municipal Du Lundi 12 Décembre 2012 (3): interventions de Philippe Elion 14 décembre 2011
CM du 12 12 2011
POINT 2 : Compte-Rendu des décisions municipales (page 5 de la délibération)
Je souhaite juste avoir une précision concernant la restructuration de l’école Jean-Moulin. A-t-il été envisagé ? A-t-il été possible de mettre en place une énergie renouvelable ou pour le chauffage ou pour l’eau chaude sanitaire ? Ou pour les 2 ? Qu’y a-t-il précisément de prévu dans cette restructuration concernant le développement durable dans le cadre général de l’Agenda 21 ? Il me semble que c’est lors de grosses opérations de ce genre (la réhabilitation d’une école) qu’il faut se poser la question et y répondre de manière à anticiper les hausses continuelles du gaz…même en pleine période de campagne électorale pour les Présidentielles ! C’est aussi un moment tout à fait opportun pour commencer à réduire les GES…même si l’étude concernant le Plan Climat Energie Territorial n’est pas encore officiellement de saison à Châteauroux !
(page 7 de la délibération)
Mon intervention ne se veut qu’humoristique, je vous rassure…qu’on ne partage pas mon sens de l’ humour est une autre histoire !
Je ne reviens pas sur l’épisode du journaliste mal intentionné de Canal + qui voulait, Monsieur le Maire, vous pousser dans vos retranchements et vous faire dire ce que, peut-être vous n’êtes réellement pas en mesure de nous dire. Mais je note tout de même que certains élus de la majorité se sont mis au chinois…Il n’y a pas de fumée sans feu sans doute…Vous pouvez bien entendu me faire une réponse tout aussi argumentée qu’au journaliste de Canal +…je n’en serai ni surpris ni offusqué ! Je sais bien qu’en politique il faut être prêt à s’entendre dire des choses parfois désagréables sans pour autant en prendre ombrage…sinon, c’est qu’on s’est trompé de chemin et mieux vaut, dans ce cas, retourner jouer aux billes ou aux petits soldats ! Je note simplement avec quelques regrets que vous n’avez pas proposé aux élus de la minorité de se mettre un tant soit peu au mandarin… Si l’opposition ne parle que le berrichon, comment pourrait-elle effectivement espérer un retour aux affaires castelroussines en 2014 ? Ainsi, pour nous, c’est une longue marche qui commence…
POINT 3 : Budget primitif 2012
(page 7 du dossier budget 2012)
Je ne vais pas revenir sur ce budget de rigueur et d’austérité (qui est en baisse d’environ 6% de par la diminution de la DGF versée par l’Etat mais pas seulement). J’y avais déjà consacré un certain temps au CM de novembre et mes collègues viennent aussi d’en parler. Je rejoins bien évidemment dans les grandes lignes leurs remarques. Alors juste quelques questions très ciblées.
Que recouvre la subvention de 1 360 000 euros pour l’éco-quartier Balsan ? Que financera-t-elle au juste concernant l’école d’ingénieurs (puisque HEI figure entre parenthèses) ?
Toujours sur la même page, est-il possible de savoir qui sera logé dans l’espace Olivier-Charbonnier ?
Par ailleurs, comment se fait-il qu’il faille déjà refaire le carrelage de la Maison de Quartier Est qui n’est quand même pas vétuste ! N’y a-t-il pas une garantie de l’entreprise qui est intervenue ?
(page 8 du dossier budget 2012)
Les habitants du quartier Saint-Jacques, au travers notamment du CGQ, attendent depuis longtemps la réfection du centre commercial qui est dans un bien piteux état. Je sais que la Ville ne possède pas l’intégralité de ce centre dont plusieurs boutiques appartiennent à des propriétaires privés. Cependant, je me ferai très exceptionnellement l’écho de leurs doléances en demandant que soit envisagée dans le cadre de travaux de rénovation, l’installation de toilettes publiques . Cela a été évoqué déjà avec M. Fleuret. Je comprends que ces travaux ne soient peut-être pas envisageables dans un budget de crise…et que cela ne soit pas très « sexy » dans un bilan municipal, mais je pense que c’est une demande légitime. Un système d’entretien assez facile par lombricompostage conviendrait tout à fait dans ce type de quartier. Pratiquement plus d’eau…l’électricité en option…beaucoup de villes commencent à s’équiper de ce système très écologique et très économique. Pourquoi pas Châteauroux ? M. Fleuret a tout le dossier…et j’espère que, dès qu’il en aura les moyens, il le fera avancer. D’une manière générale, il faudra veiller à inscrire durablement le dossier « centre commercial Saint-Jacques » dans tous les prochains budgets à venir.
POINT 5 : Subventions aux Associations (page 12)
Mon intervention concerne la subvention de l’AGMQC. C’est un sujet suffisamment grave pour que l’on y consacre quelques instants dans ce CM. Les salariés de l’AGMQC sont très inquiets et il ne se passe plus grand-chose dans les maisons de quartiers depuis quelque temps…tout le monde est démobilisé, ne sachant pas trop sur quoi pouvoir compter demain.
Vous maintenez, certes, la subvention de 654 000 € pour 2012 – équivalente donc à celle de 2011 – mais vous continuez de prévoir un déficit dépassant les 100 000 € et peut-être même 150 000 € fin 2012 (si rien n’est fait).
Mais d’où vient ce déficit ? Il semble qu’il y ait plusieurs points de vue très divergents selon que l’on se trouve du côté des salariés ou du côté de l’employeur – disons du financeur qu’est la municipalité. Aussi pouvez-vous nous dire quel est le coût réel du salaire de la secrétaire générale ainsi que celui (à temps partiel) de la comptable ? Ces salaires et les charges afférentes représentent combien dans le déficit observé ? Si, comme vous le prétendez, Monsieur le Maire, ce déficit est dû à l’augmentation de la masse salariale, encore une fois, de quels salaires parle-t-on ?
Quand vous avez regroupé les 3 maisons de quartiers il y a tout juste 2 ans pour mettre en place cette structure para-municipale, c’était pour faire des économies d’échelle…or, la dette demeure 2 ans plus tard et même s’amplifie. Pourquoi ?
Si Vaugirard et Beaulieu étaient en déficit, ce n’était pas le cas du Forum, à Saint-Jean (géré par la FOL). Cette structure nationale – déjà très ancienne – a fait ses preuves dans le domaine de l’éducation populaire et dans la gestion des maisons de quartiers et autres centres de loisirs. Alors pourquoi ne pas envisager un nouveau partenariat avec la FOL qui gérerait les 3 maisons de quartiers puisque la gestion municipale n’a pas fait ses preuves ? Ou alors, la reprise en mains de ces 3 maisons par la Ville avait peut-être un autre but…moins facile à mettre sur la place publique ? Je ne sais pas mais je me pose et tout le monde se pose beaucoup de questions quand on fait le constat que la subvention de l’AGMQC représente 0,8% du budget général de la Ville ! Moins de 1% ! Pour une utilité sociale et culturelle reconnue. Supprimez ou différez encore la réfection d’une rue ou d’une place… Les priorités humaines sont tout de même d’un autre ordre !
Si demain le NON l’emporte lors de la nouvelle réunion des adhérents des 3 maisons de quartiers concernés, que se passera-t-il très concrètement dans les jours qui suivront ? Après le syndrome de l’ERCL, traumatisant pour tout le monde et d’abord pour ses salariés, faudra-t-il ajouter celui de l’AGMQC avec ses 29 salariés ? L’histoire devrait en l’occurrence servir de leçon, car derrière les murs de ces diverses structures et votre gestion comptable, il y a des femmes et des hommes. Des femmes et des hommes qui travaillent, qui contribuent à former et à structurer nos enfants, qui rendent vivants des quartiers où il n’est pas toujours facile de croire qu’on a aussi droit à un avenir, qu’on peut aussi rêver d’un monde meilleur, bref, qu’on est comme tout le monde !
Je termine cette intervention en vous demandant (en nous demandant) d’avoir une pensée pour chacune de ces 29 personnes qui ne sont pas que des noms sur une liste ! Je vous remercie.
Philippe Elion (Alternatives pour Châteauroux-EELV)
Conseil municipal du lundi 12 décembre 2012 (2): PV du dernier CM 14 décembre 2011
Cliquer pour ouvrir le PV :PV 14 novembre 2011 définitif
Conseil municipal du lundi 12 décembre (1) : article NR 12 décembre 2011 12 décembre 2011
La prime aux résultats, sujet qui pourrait fâcher
12/12/2011 05:42
Nous l’annoncions dans notre édition de samedi : la population castelroussine a augmenté de manière significative en 2011. Mais avant de gonfler à nouveau, cette population avait observé une sérieuse décrue, passant notamment de 49.282 habitants au 1er janvier 2010, à 48.141 habitants au 1er janvier 2011. Jean-François Mayet et son équipe savaient que cette perte importante aurait des conséquences sonnantes et trébuchantes. La note sera présentée ce soir, lors d’une séance de conseil municipal consacrée au vote du budget primitif 2012.
Dotation de l’État en baisse, à cause, notamment, de cette diminution de la population, et augmentation des recettes plus faible que celle des dépenses : la part de l’autofinancement baisse de 300.000 €. Didier Fleuret, délégué aux finances, se refuse pourtant à évoquer un budget de crise : « Le programme d’investissement se montera à 12,1 millions d’euros, dans les mêmes eaux que celui de 2011. Nous allons notamment attaquer deux gros chantiers, rue Alphonse-Daudet et rue des Fontaines, à Saint-Christophe. Avec ces nouveaux lotissements, nous espérons évidemment attirer des habitants supplémentaires ». Autre volet important de ce budget primitif 2012, l’enseignement et les écoles. « 900.000 € seront consacrés à l’école d’ingénieurs Balsan. Et nous allons aussi entreprendre des travaux à Jean-Moulin, Martin-Luther-King et Saint-Martial », poursuit Didier Fleuret. Travaux qui concerneront aussi le quartier des Grands-Champs, la place Monestier, ainsi que les rues de Mousseaux et Pierre-et-Marie-Curie. Sans oublier la poursuite du chantier des eaux pluviales de la Vallée aux Prêtres.
Si les syndicats ne sont pas contents…
Le sujet qui pourrait fâcher, ce lundi soir, est la mise en place d’une prime de fonction et de résultats qui ne concernera, pour commencer, que les agents de catégorie A. Les syndicats ont fait connaître leur opposition à cette direction nationale. Lors du comité technique paritaire qui s’est tenu jeudi, Jean-François Mayet leur a répondu que « s’ils n’étaient pas contents, ils pouvaient aller manifester dans la rue ». Les représentants syndicaux ont immédiatement claqué la porte.
Témoignage de Haruko Sakaguchi sur Fukushima 5 décembre 2011
STOP au Nucléaire :
Témoignage de Haruko Sakaguchi sur Fukushima
Samedi 26 novembre à 20 h 30 –à Châteauroux : Moulin de la Valla (Boulevard de la Valla prolongé)
Japonaise,.professeur de Français, elle vivait à Fukushima en mars 2011: « ma volonté est d’expliquer les choses afin qu’on arrête l’utilisation du nucléaire. Quand on a eu une expérience telle que la mienne, on se sent obligé d’en parler. »
Et aujourd’hui, avec 80 % des réacteurs à l’arrêt, le Japon s’en sort grâce à une chasse au gaspillage.
Soirée organisée par Europe Ecologie Les Verts Indre
Fukushima, l’une des 47 préfectures du Japon, se situe dans la partie nord-est du pays. Son chef-lieu est la ville de Fukushima. J’habitais avec mon mari et mon enfant de quatre ans dans une ville qui se trouve à peu près au centre de la préfecture et qui s’appelle Miharu. C’est une jolie petite ville de campagne connue notamment pour son grand cerisier millénaire, classé trésor national depuis 1922. Fukushima était une région de pêche et d’agriculture qui souffrait d’une diminution de la population, et qui avait donc besoin de l’industrie. Dans les années 60, les petites villes côtières ont ainsi décidé d’accepter la centrale nucléaire.
Miharu se situe à 45 km de la centrale. C’était l’une des centrales les plus vieilles du Japon, avec une durée d’exploitation de presque 40 ans alors qu’elle était initialement construite pour 30 ans. En 2001, l’ancien gouverneur de Fukushima, qui était initialement favorable au nucléaire, a revu sa position suite à plusieurs incidents nucléaires que TEPCO avait tenté de camoufler. Il a alors décidé de freiner les programmes nucléaire et cette nouvelle position lui a très vraisemblablement valu son emprisonnement. Le gouverneur actuel semblait également défavorable au nucléaire et j’étais d’ailleurs présente lorsque son adjoint nous a affirmé en réunion qu’il ne procéderait pas avec le MOX. Une semaine plus tard, nous avons appris par les informations télévisées que le gouverneur avait donné son feu vert pour l’introduction du MOX dans une centrale de Fukushima. C’était en août 2010. Ils ont donc introduit un combustible expérimental, qui n’a jamais bien fonctionné, dans un réacteur qui a 35 ans et qui était construit pour 30 ans. Je ferais remarquer que le mode de communication n’a pas permis de confrontation. Le mouvement d’opposition a reçu l’assurance que le MOX ne serait pas introduit, puis le feu vert a été donné sans que l’on ait l’occasion de protester. À cette occasion j’ai rejoint le mouvement contre le nucléaire. Cela m’a permis de connaître l’état de cette centrale, qui est vieille et faible contre les tremblements de terre, et dont la faiblesse face aux Tsunami avait été spécifiquement soulignée par de nombreuses personnes. TEPCO n’a cessé de prétendre que la force du tsunami avait été au-delà de tout ce qui était prévisible. Mais la vulnérabilité était en fait connue. J’ai également appris qu’en cas d’accident, les villes se trouvant même à 100km seraient affectées. Nous avons alors regardé le plan et vu que notre maison se situait à 45km seulement…
Le 11 mars, quand la grande secousse est arrivée, nous avons pensé tout de suite à la centrale. Mais la ligne de téléphone était complètement coupée, on n’avait le moyen de s’adresser à personne. À la télé, ils disaient que les réacteurs étaient éteints et qu’aucune fuite de radioactivité n’avait été détectée. On s’est posé beaucoup de questions mais il était difficile de prendre une décision sans avoir d’informations. L’état des routes était très incertain et les répliques se poursuivaient à cinq minutes d’intervalle. On a tout de même préparé les valises et chargé la voiture en cas d’urgence. Vers 8h le soir, soit environ 5h après la secousse initiale, une amie du groupe antinucléaire est venue chez nous en voiture. Elle nous a dit que la centrale était dans un état très dangereux et que ceux qui ont de petits enfants devaient partir tout de suite. Cela nous a décidé et nous sommes ainsi partis avec une autre amie qui avait une fille de deux ans.
Je voudrais vous faire remarquer que lors d’un accident nucléaire, il est très difficile d’obtenir des informations. Nous avons eu la chance d’être avertis par une amie voisine qui était exceptionnellement au courant de l’état des centrales. Sinon, il n’y a eu aucune alerte de la part des autorités. Au contraire, elles se montraient rassurantes. La mairie ne disait rien, ni la télé, ni même l’internet. Sans la visite de cette amie, nous serions partis le lendemain et cela aurait été trop tard. Car le lendemain la ville a reçu une première quantité importante de radiation, et des quotas d’essence très sévères ont été instaurés pour faire face à la pénurie d’essence, rendant la fuite difficile et lente. Beaucoup ont eu du mal à partir à cause de cela. Nous avons été parmi les premiers à partir et cela nous a beaucoup aidés.
Nous avons erré en nous dirigeant vers le sud pendant une semaine à la recherche d’un asile, mais ce n’était pas facile. Quand notre fille a commencé à être fatiguée et malade à cause de tous les déplacements, nous avons décidé de prendre l’avion de rapatriement organisé par le gouvernement français. C’est ainsi que nous avons regagné la France. A noter que nous avons bénéficié d’informations fiables de la part de l’ambassade de France qui s’est très bien comportée vis-à-vis de ses ressortissants.
Comme nous avions laissé notre maison de Miharu en l’état, nous avons dû y retourner à la fin du mois de juillet pour prendre nos affaires et rendre les clés de la maison, qui appartenait à la ville. C’était une occasion de voir l’état actuel de Fukushima. D’abord, la radiation ambiante était encore très haute. Nous l’avons mesurée avec notre propre compteur Geiger, et elle était autour de 0,4μsv, soit 10-15 fois plus haut qu’en situation normale. J’ai senti un mal de gorge dès le premier jour. Les habitants reçoivent donc cette quantité de radiation tous les jours en permanence. Et le chiffre reste à peu près stable aujourd’hui. Et pourtant les habitants vivent exactement comme avant l’accident.Ils sont habillés comme avant, sans masque ni chapeau ; ils se promènent dans la rue même par temps de pluie. Ils font du jardinage tous les jours, mangent principalement des légumes de jardin. Dans cette situation, il était extrêmement difficile pour nous de nous protéger contre la radiation. Les masques (nous en avions acheté qui devaient couper 99 % de particules) et les habits que nous avions prévus étaient inutilisables, d’abord à cause de la chaleur, mais aussi parce que les gens n’aimaient pas nous voir prendre ces précautions. Ils disaient : “nous, on vit ici tous les jours”. Pour eux, voir quelqu’un se protéger contre la radiation, c’est reconnaître ou devenir conscients du danger dans lequel ils sont obligés de vivre, et je comprends leur comportement. Éviter la nourriture contaminée était aussidifficile car nous avons été invités tous les jours. Les gens de Fukushima sont très généreux, ils vous donnent sans cesse des choses. Pendant les cinq jours de notre séjour, nous n’avons jamais acheté quoique ce soit, car les amis et les voisins nous ont nourris. Mais de temps en temps avec une pastèque qu’ils avaient cueillie dans leur jardin. Nous avons parfois refusé, en prétextant un mal de ventre. Mais on ne peut pas demander la provenance de tous les ingrédients quand on est invité au repas chez quelqu’un. Mais eux, les habitants de Fukushima, ils vivent ainsi. Même si on est conscient du danger de radiation, il est impossible de faire attention, et surtout, de continuer à faire attention. Petit à petit, on finit par croire à ce que l’on a envie de croire, c’est-à-dire que la ville que l’on aime reste habitable. Nous avons nous-mêmes senti que nous commencions à relâcher notre garde, alors que nous n’y allions cet été que pour quelques jours, avec un compteur Geiger, des masques et une grande crainte.
Il y a un autre aspect du problème qui se pose aujourd’hui. Le gouvernement japonais lance un projet de « décontamination ». Râcler la surface du sol, nettoyer à l’eau les bâtiments et couper les branches des arbres. Mais comme on peut le deviner tout de suite, cette façon de décontaminer ne résout pas le problème. Car d’abord, on ne sait pas où mettre les déchets. On ne fait que déplacer le problème. De plus, seules les terres plates et meubles peuvent être grattées, alors que Fukushima est dans la montagne pour la plus grande part… Un autre problème très grave : cette opération risque de contaminer la personne qui l’exécute, or le gouvernement a mis en place un programme en août dernier, qui oblige les habitants à participer à cette opération.
Le sol de Fukushima est donc définitivement contaminé. Le ministère de l’éducation japonais a publié la contamination aux césiums 134 et 137. On voit que presque tout Fukushima est couvert de césium. Et va le rester (car la demi-vie du césium 137 est de 30 ans) : il va être absorbé dans le sol, dans l’eau de la mer et dans les nappes phréatiques, les plantes, les animaux et les poissons, enfin dans toute la nature. Depuis l’accident, le césium a été détecté dans beaucoup de choses : le lait, les champignons et le thé absorbent facilement le césium. C’est fini le thé japonais ! Des pêches et des fraises, les spécialités de la région de Fukushima sont contaminées. Il y a surtout le problème du riz, notre aliment de base qui est sensiblement contaminé, alors que la norme japonaise est maintenue suffisamment haute pour qu’il ne soit pas interdit à la consommation. On le sert donc à la cantine d’école…. Nous avons constaté à Miharu qu’il n’y avait plus d’aliment sûr dans la région. Le contact avec l’environnement est bouleversé. Un acte simple comme couper du bois et le mettre dans sa cheminée n’est plus anodin. Et l’on n’a d’informations que sur le césium. Or le panache radioactif contient d’autres éléments très dangereux, comme le strontium, proche de la forme du calcium, et ainsi absorbé par les os. Ou encore le plutonium, terriblement dangereux, et ce pour des milliers d’années et dont les autorités commencent à admettre qu’il s’est échappé en quantités importantes.
L’état dangereux de la centrale n’est pas fini non plus. Il y arrive constamment de nouveaux dangers. Au mois de mai, on parlait du réacteur numéro quatre qui se penche de plus en plus. On disait que s’il tombait, c’en était fini du Japon! Il tient finalement grâce à de nombreux travaux d’appui. Mais il y a toujours des répliques plus ou moin grandes et les typhons étaient violents cette année. Tepco a dit au mois de septembre que le réacteur numéro un était rempli d’hydrogène. Ce qui veut dire que le danger d’explosion est toujours présent. Les habitants ne sont pas encore tranquilles; ils passent des nuits inquiétantes.
Cela confirme ce que disait mon amie ; la seule façon de se protéger de la radiation, c’est de s’enfuir. Se protéger en restant sur place est pratiquement impossible.
Mais s’enfuir n’est pas facile non plus. Cela demande beaucoup d’énergie et beaucoup d’argent. Moi, je suis en sécurité, chaleureusement accueillie par ma belle famille; je me considère comme l’une des plus chanceuses de Fukushima, même s’il faut dire tout de même que nous vivons avec beaucoup de difficultés. Partir est très difficile. Les habitants de Miharu n’ont pas été indemnisés et ne le seront sûrement jamais. Leur terrain et maison ne valent plus rien et trouver du travail ailleurs n’est pas facile. Etre arraché d’un endroit où il y a de la famille, des amis, des ancêtres, du travail, des paysages familiers, de la nourriture habituelle, dont on parle la langue… c’est une « violence ». Même pour ceux qui ont réussi à s’enfuir du danger, la souffrance n’est pas finie. Il faudra des années pour retrouver la tranquillité.
Au Japon, les gens conscients du danger vivent dans une grande inquiétude et peur. C’est aussi une inquiétude pour l’avenir. Comme au contraire des accidents ordinaires, en cas d’accident nucléaire, le dégât continue et s’étend progressivement de manière insidieuse. On prévoit dans quelques années qu’il y aura des maladies graves. Non seulement le cancer de la thyroïde ou leucémie, mais aussi des maladies du cœur surtout chez les enfants. Ce qui rend si difficile l’évaluation des dégâts liés à un accident nucléaire, est le fait que les conséquences apparaissent avec un délai et il est difficile à la fin de prouver la causalité. Au mois d’octobre, les médecins ont détecté du césium dans l’urine des enfants de Fukushima. Très récemment, un autre médecin a publié un article qui dit que 935 personnes sur 1175 examinées ont connu une baisse de fonction de la thyroïde. Et qu’est-ce qui se passera dans 5 ans, dans 10 ans ?
On dit que l’accident de Fukushima est inédit dans l’histoire humaine. Mais on a le cas de Tchernobyl. Si l’on cherche les informations sur l’internet, il y en a beaucoup. Et c’est effrayant…
Je ne vois que des tragédies avec l’énergie nucléaire. Si j’interprète le sentiment de Fukushima, ce serait « les habitants de Fukushima n’ont rien fait de mal pour avoir toutes ces souffrances… » sauf qu’ils n’ont pas fait assez pour refuser les centrales. À Fukushima, voire au Japon, c’est très grave et douloureux de le dire, mais « c’est trop tard ». Notre terre est contaminée pour presque toujours. Mais en France, ce n’est pas encore le cas. Fukushima, ce n’est pas fini, ça vient de commencer. « N’oubliez pas Fukushima et refusez le nucléaire. » Tel serait mon message d’aujourd’hui.
Communiqué EELV à propos des déchets radioactifs à Neuvy-Pailloux 5 décembre 2011
Europe Ecologie Les Verts s’oppose à l’entreposage des déchets radioactifs à Neuvy Pailloux
Pour la troisième fois en vingt ans, l’Indre est regardé comme un lieu idéal pour l’installation d’une poubelle nucléaire. Après les FAVL (éléments à Faible Activité et Vie Longue) voici des déchets dont il est dit dans l’ « Avis de l’autorité environnementale » : qu’ils ne sont pas précisés.
Au regard de cet avis, et en particulier du chapitre 3.5 intitulé Évaluation des risques sanitaires, il existe de fortes raisons d’être inquiet :
– “Les déchets entreposés ne sont pas caractérisés par rapport à leur activité et à leur période”.
– “Aucun élément n’est fourni dans l’étude sur l’éventuelle pollution de captages d’eau.
– “En fonctionnement normal, seuls les rejets gazeux (tritium 3H, radon 222 et krypton 84) sont radioactifs.
– « Ne sont abordées ni les mesures pour supprimer ou compenser les inconvénients de l’installation, ni les méthodes utilisées pour évaluer les effets de l’installation sur l’environnement”.
– Les impacts de plusieurs produits radioactifs (Plomb 210, krypton 85…) ne sont pas quantifiés, sans explication.
- Ou encore : un incendie induirait une contamination environnementale significative et diversifiée.
Nous ne pouvons admettre tant d’incertitudes dans un projet d’entreposage de déchets présentant une dangerosité potentielle avérée pour les populations riveraines, et ceci pour 25 ans (maximum ?), en attendant qu’une filière ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radio-Actifs) soit opérationnelle, mais il n’est pas indiqué de quelle filière ANDRA il est question. Une hypothétique filière ?
D’autres questions se posent :
- quelles garanties aurons-nous quant à l’utilisation future du site dans 10 ou 20 ans ?
- Quels types de déchets pourraient y être entreposés une fois le site en fonctionnement?
- Quel contrôle complet et démocratique sera mis en place afin que les populations soient informées du type de composants présents sur le site ?
- Y aura-t-il une autorité indépendante de l’armée pour effectuer ses contrôles avec participation des populations?
En matière de déchets radioactifs, EELV est opposé à la dissémination nucléaire dans de nouveaux sites de stockage ou “d’entreposage”, les déchets doivent être stockés sur un des lieux de production actuels afin de ne pas multiplier les risques envers les populations.
Pour toutes ces raisons, EELV s’oppose à l’installation de ce site d’entreposage de déchets radioactifs à Neuvy Pailloux.
Pour cela, nous appelons les populations à se manifester en nombre et à dire non à ce projet en allant déposer les motivations de leur refus dans les mairies concernées ou à les envoyer au commissaire enquêteur dans ces mêmes mairies.
Nous les appelons également à participer au Collectif Citoyen pour des Alternatives au Nucléaire qui se réunira mardi 6 décembre à 18h30, 31 rue de Bourgogne, à Châteauroux, et/ou à signer la pétition en ligne sur le site www.indre.europe-ecologie.net
Pour EELV 36 : Caroline Gauthier et Philippe Elion.






Vos commentaires