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Lu dans Rue 89 21 janvier 2011
Ma rencontre avec un agriculteur bio, heureux et prospère
Le rabotage des niches fiscales des agriculteurs bio ? Paul Thierry, maraîcher en Seine-et-Marne, ne le sentira pas passer. Lui ne se plaint pas : sur cinq hectares, il cultive des légumes pour 250 familles, fait travailler trois personnes et se paie 2 000 euros par mois.
J’ai la chance de tomber sur les trois mois d’hiver où sa terre se repose, il a donc un peu de temps pour discuter. La distribution des paniers bio reprendra en avril, les « consom’acteurs » ont rempli leur congélateur en attendant le printemps.
A 31 ans, Paul Thierry, père de deux enfants, a du mal à ranger son sourire. Malgré sa coiffure un brin rasta, il est satisfait d’avoir réussi à montrer qu’il est « possible de faire du bio avec une approche rationnelle et pas trop baba cool ou artisanale, et que ça marche ».
C’est grâce à la motivation des fondateurs des associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) qu’il a pu s’installer. Ce système de vente directe est très avantageux pour l’agriculteur : afin de l’aider à convertir des terres en bio, les clients s’engagent à lui payer d’avance les paniers sur la saison, et assument avec lui les aléas de la production.
En 2007, il a converti les deux hectares que son frère lui a loués (sur les 130 que ce dernier cultive en céréales conventionnelles) et aussitôt il s’est retrouvé avec une commande de 62 paniers par semaine. Ses études de musicologie et son idée de s’installer dans un minuscule recoin de la propriété familiale pour faire « du qualitatif » le faisaient déjà un peu passer pour l’original chez les Thierry.
Aujourd’hui, il bosse autant que son frère (60 à 70 heures par semaine), gagne au moins autant, mais en plus Paul a créé trois emplois.
« Que mes légumes soient moins chers que sur le marché »
« On ne fait pas le même métier », dit-il en croquant dans un reste de chou rouge ramassé par terre, et émerveillé par la saveur du légume. Grâce à la vente directe, Paul connaît son client. Même si le consommateur militant est a priori indulgent, il compte sur Paul pour être régulier :
« Ils ont payé chaque semaine 12, 16 ou 20 euros et le contenu du panier est variable. Je mise sur la qualité mais je fais aussi attention à ce qu’ils en aient pour leur argent. Et j’essaie que mes légumes soient moins chers que sur le marché, même s’ils ne sont pas toujours beaux. »
Paul simule sur un tableau le prix au kilo de ses soixante variétés de légumes, herbes aromatiques et même de fruits. « Des prix d’ambiance », dit-il, car il n’a pas d’idée réelle de ce que lui coûte à produire chaque légume. Il se flatte d’inscrire la tomate de variété ancienne à 3,5 euros, quand Auchan propose de la « cœur de bœuf » hollandaise (et formatée) à 6 euros.
Réussir à fournir est la principale angoisse du maraîcher bio. Cette année il a fait chou blanc sur les oignons et les échalotes, parce qu’un de ses employés n’avait pas planté droit et que ça a compliqué le désherbage. Les rendements du maraîchage sans intrants chimiques sont 10% à 30% inférieurs au conventionnel, raison pour laquelle le prix final est plus élevé.
Ce ne sont pas les clients, mais les maraîchers bio qui manquent
Avec ses cinq hectares et ses trois salariés, Paul n’a pas l’intention de s’étendre plus, mais il espère gagner encore en efficacité :
« Mon objectif c’est d’avoir une ferme qui cartonne pour montrer que le bio n’est pas synonyme de mauvais rendements. »
Militant d’une agriculture respectueuse de son environnement, il voudrait faire des émules, et remarque avec justesse qu’avec « 120 maraîchers pour 12 millions d’habitants en Ile-de-France », nos paysans sont loin de nous nourrir. Le problème des Amap n’est d’ailleurs pas de trouver des consom’acteurs prêts à manger du chou tout l’hiver, mais des maraîchers pour les produire.
Paul participe à un réseau de fermes de démonstrations, monté par le Conseil régional. Il se fait payer 125 euros la demi-journée pour partager son expérience, une forme de reconnaissance qui lui fait plaisir :
« L’Europe a longtemps nié la spécificité du bio, on avait seulement des aides à la conversion pendant deux ans pour faire face aux baisses de rendement, et sinon les aides étaient fonction de la surface.
Avec mes cinq hectares, je ne touche rien par rapport à un céréalier. Le crédit d’impôts du gouvernement français compensait cette inégalité en offrant jusqu’à 4 000 euros par an. »
Désormais, le crédit d’impôts sera ramené à 2 000 euros, une somme en partie compensée par l’Europe. Sauf que la paperasse nécessaire pour obtenir ces aides est telle que beaucoup de petits agriculteurs se décourageront, prédit la Fédération nationale de l’agriculture biologique :
« Le crédit d’impôts c’était de l’argent de poche pour moi. Ça payait une machine, c’était toujours sympa, mais ma boîte elle doit tourner sans aide. »
Des soutiens, des conseils plutôt que des subventions
Plus que des revenus supplémentaires, Paul préférerait surtout « que la politique agricole arrête d’être à sens unique et de favoriser le productivisme à coup de subventions », il aimerait un investissement de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) sur le bio, de meilleurs conseils auprès des chambres d’agriculture :
« Si la France veut tripler ses surfaces cultivées en bio, comme le dit le Grenelle de l’Environnement, il est urgent de changer de logique. Moi, s’il n’y avait pas eu le système des Amap portées par les consommateurs, je n’aurais jamais pensé m’installer… »
Photos : chou rouge, mache, local de distribution et serre non chauffée, sur l’exploitation de Paul Thierry à Chatenoy (Audrey Cerdan/Rue89).
Cinéma à Argenton/Creuse 9 janvier 2011
Projection du film Severn à Argenton (Eden cinéma)
Mardi 11 janvier 2011 à 20h30
Suivi d’un débat avec M. Durand, agriculteur bio de Preuilly-sur-Claise.
Synopsis : En 1992, lors du Sommet de la Terre de Rio, Severn Cullis-Suzuki, âgée de 12 ans, interpelle les dirigeants du monde entier sur la situation humanitaire et écologique de la Terre. En 2009, elle a 29 ans et attend son premier enfant… Ce nouveau documentaire de Jean-Paul Jaud après “Nos enfants nous accuseront” prend le parti de mettre en lumière des actions positives menées aux quatre coins de la planète et nous confronte à une question universelle et fondamentale : Quel monde laisserons-nous aux générations futures ?
Pétition OGM Greenpeace : Un million, c’est que dalle… 9 mai 2010
Vvous qui rêvez de manger des OGM et d’en faire déguster a vos enfants, vous allez être ravis!…
La commission européenne vient d’autoriser l’entrée et la culture d’OGM en Europe, contre le souhait des citoyens, et contre l’avis de plusieurs états membres.
La gouvernance européenne nous permet de déposer une demande officielle auprès de la Commission, pour peu qu’elle soit soutenue par un minimum de 1 million de citoyens européens. Aujourd’hui, et après 1 mois d’action, Greenpeace et Avaaz ont réussi a rassembler près de 710.000 signatures!!.
Voila le lien vers la pétition : ça vous prendra 30 secondes, nous laissera peut-être une chance d’obtenir un moratoire au niveau européen, et d’éviter l’entrée massive en Europe de cultures invasives (elles menacent la biodiversité), potentiellement nocives pour notre santé (de nombreux avis médicaux mettent en garde contre les conséquences de la consommation d’OGM), potentiellement dangereuses pour l’indépendance économique des agriculteurs (les semences sont chères car brevetées, doivent être rachetées chaque année, et demandent l’utilisation de produits spéciaux disponibles uniquement chez les semenciers), et polluantes (ces cultures nécessitent l’utilisation d’énormément de produits chimiques).
http://www.greenpeace.org/international/campaigns/genetic-engineering/take-action/EU-Petition
Merci !!!
Et surtout, si vous soutenez cette initiative, faites passer le message.
Visite des Serres Municipales avec Indre Nature, dimanche 9 mai 2010 4 mai 2010
Pour information, dimanche 9 mai 2010 aura lieu la traditionnelle journée Portes Ouvertes aux serres municipales de Châteauroux (9h-12h00 et 14h-17h30)
Les serres municipales se situent chemin de Villegongis prés du cimetière Saint Christophe. Nous présenterons aux visiteurs la gestion différenciée des espaces verts que nous allons mettre en place ainsi qu’une exposition « Mauvaises herbes, on vous aime” afin de changer le regard des citoyens sur ces adventices … Vous pourrez découvrir notre nouveau désherbeur thermique à vapeur qui représente une alternative à l’usage des herbicides (fonctionnant à l’huile de friture ! )
Le thème étant l’éco jardinage, nous présenterons les techniques respectueuses de l’environnement (paillis vegetaux,biopesticides,toile de paillage biodegradable, bio plastique,lutte biologique contre les insectes nuisibles par lâchers d’auxiliaires, engrais organiques…) Vous verrez également comment fabriquer un Hôtel à insectes afin d’assurer la protection de votre jardin.
Bonne nouvelle, INDRE NATURE sera représentée par Gilles DEZECOT, animateur de l’opération « objectif zéro pesticides » dans notre département. N’hésitez pas , venez nombreux ! A bientôt!
François TELEFUNKO Technicien responsable des serres municipales et membres du réseau “alterpesticides” d’Indre Nature
Action de soutien et de solidarité avec les éleveurs 13 avril 2010
Cliquer ici : TractPiqueNiqueFCO_27_04_10
Extrait du film documentaire “Alerte à Babylone” de Jean Druon 19 mars 2010
Cliquer ici pour voir cet extrait, qui ne dure que 4 minutes 18 secondes.
Environnement : Nicolas Sarkozy lève le masque, article du Monde du 18 mars 2010 19 mars 2010
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