L’aéroport de Châteauroux veut reprendre son envol
18/01/2011 05:46
Châteauroux-Déols. Son président, Michel Sapin, l’a affirmé hier, à l’occasion de la cérémonie des voeux : l’aéroport doit reprendre de la hauteur en 2011.
« En 2010, malgré la crise, l’aéroport a atteint l’équilibre financier », s’est réjoui Michel Sapin. - (Photos NR, Patrick Gaïda)Les récentes difficultés ne changent rien à l’affaire. Pour Michel Sapin, « l’aéroport de Châteauroux est l’une des rares structures françaises du genre à disposer d’importants espaces à proximité immédiate des pistes. Impossible de se passer d’un pareil atout industriel. ».
Commençons par le sujet qui fâche : Europe Aviation. « Je ne suis pas homme à biaiser avec la réalité. La disparition de cette société a été un événement dommageable. » Ralentissement économique, concurrence exacerbée, erreurs de gestion « pour ne pas dire plus » : la mise en liquidation judiciaire, qui a entraîné le licenciement de dizaines d’employés, a constitué la grande et tragique affaire de l’année 2010. Au moment des voeux prononcés hier soir dans l’enceinte de l’aéroport, Michel Sapin a malgré tout tenu à dresser de prochaines perspectives qui semblent plus souriantes.
L’hyper-hangar reste d’actualité
« Il y a tout d’abord cette ligne qui doit s’ouvrir vers la Corse. En ce qui concerne le fret, nous avons de très bons contacts avec le Brésil, ainsi qu’avec la Chine pour des pièces détachées automobiles. Nous avons aussi bon espoir de développer le fret avec l’Égypte, le Sénégal et le Congo. »
Et l’hyper-hangar qui devait normalement servir à Europe Aviation pour la maintenance des A 380 ? « L’investissement est 100 % privé, il n’y a donc pas de perte financière pour la collectivité », poursuit Michel Sapin. « Le projet n’est pas abandonné. Le permis de construire, les plans, tout est prêt. Et les investisseurs privés suisses sont déterminés à trouver un nouvel utilisateur. »
Autre dossier chaud du moment : la tour de contrôle. « On peut continuer à vivre avec l’emplacement actuel. Mais un jour ou l’autre, le problème de cet emplacement se posera à nouveau. Nous sommes donc déterminés à effectuer le transfert. Les modes de financement restent valables, le permis de construire a été autorisé et il vient d’être déposé. On continue. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un accident qu’il faut se refuser à avancer ! »
le chiffre
13
C’est le nombre de panneaux installés dans le hall d’arrivée de l’aéroport, qui retracent la formidable aventure de l’usine Bloch. Les travaux de construction avaient débuté en 1936 sous l’impulsion de celui qui deviendra Marcel Dassault, après la Seconde Guerre mondiale et son passage dans le camp de concentration de Buchenwald. Des centaines d’avions ont été montés et assemblés dans les unités déoloises entre 1936 et 1940, pendant la grande période de production.
Arrivés en 1951, les Américains construisent l’aéroport. Les anciens ouvriers de Bloch, souvent hautement qualifiés, passent alors de l’avion à hélices à l’avion à réaction, et de l’ère de la construction à celle de la révision.
L’exposition est visible tous les jours aux heures ouvrables, dans le hall d’arrivée de l’aéroport.
phrase
« Ne laissons pas dormir l’argent. »
« Plusieurs millions d’euros de l’État et des collectivités sont aujourd’hui gelés, après la liquidation judiciaire d’Europe Aviation », a déclaré le président du conseil général, Louis Pinton, à l’occasion du vote du budget primitif du département, vendredi, à Châteauroux.
« Il faut rapidement organiser un nouveau tour de table pour décider, avec les présidents de l’aéroport, de la Région et de l’agglomération, des alternatives possibles, a poursuivi M. Pinton. C’est tout l’avenir du secteur aéronautique dans l’Indre qui est en jeu. Mais c’est aussi la fin des espoirs qui avaient été placés dans ce projet et ses centaines d’emplois à venir. Ne laissons pas dormir l’argent, engageons-le dans de nouveaux projets vraiment créateurs d’emplois ! »




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